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Jean-Louis Bianco




« La laïcité implique la liberté de conscience et la liberté religieuse »

Publié le 19 mars, 2019
Jeudi 21 mars, le Président de l'Observatoire de la Laïcité vient à la rencontre des lycéens de Paul-Hazard avant de donner, à 18h45 en Mairie, une conférence publique sur le thème de la laïcité. Il répond à nos questions.

Qu'est-ce que l'Observatoire de la Laïcité et quel est son rôle ?
Jean-Louis Bianco : "L’Observatoire assiste le gouvernement dans son action visant au respect du principe de laïcité en France. Il réunit les données, produit et fait produire les analyses, études et recherches permettant d’éclairer les pouvoirs publics sur la laïcité. Outre ce rôle de conseil, l’Observatoire de la laïcité assure une mission de formation à la laïcité et à la gestion des faits religieux partout en France et dans les différents secteurs concernés. Enfin, en tant que service public, il répond dans un délai maximum de 48 heures à toute demande émanant des citoyens à propos de la laïcité et de son application."
"Il est composé d’un président, d’un rapporteur général et de 21 membres, dont 4 parlementaires (deux sénateurs, deux députés, deux de l’opposition et deux de la majorité), 7 membres de droit qui représentent les ministères les plus concernés par les questions de laïcité et 10 personnalités qualifiées (membres du Conseil d’Etat ou du Conseil supérieur de la magistrature, sociologues, inspecteurs généraux de l’éducation nationale, etc.)."

Quelle est la définition de la laïcité selon l'Observatoire de la laïcité ?
J-L. B. : "La laïcité a trois principaux fondements : la liberté de conscience et celle de manifester ses convictions dans les limites du respect de l’ordre public, la séparation des institutions publiques et des organisations religieuses, et l’égalité de tous devant la loi quelles que soient leurs croyances ou leurs convictions."
"La laïcité garantit aux croyants et aux non-croyants le même droit à la liberté d’expression de leurs convictions. Elle assure aussi bien le droit d’avoir ou de ne pas avoir de religion, d’en changer ou de ne plus en avoir."
"Elle garantit le libre exercice des cultes et la liberté de religion, mais aussi la liberté vis-à-vis de la religion : personne ne peut être contraint au respect de dogmes ou prescriptions religieuses.
La laïcité suppose la séparation de l’Etat et des organisations religieuses. L’ordre politique est fondé sur la seule souveraineté du peuple des citoyens, et l’Etat —qui ne reconnaît et ne salarie aucun culte— ne régit pas le fonctionnement interne des organisations religieuses.
De cette séparation se déduit la neutralité de l’Etat, des collectivités territoriales et des services publics, non de ses usagers. La République laïque assure ainsi l’égalité des citoyens face à l'administration et au service public, quelles que soient leurs convictions ou croyances.
La laïcité n'est pas une opinion parmi d'autres mais la liberté d'en avoir une. Elle n'est pas une conviction mais le principe qui les autorise toutes, sous réserve du respect de l’ordre public."

On reproche parfois à la laïcité de servir de prétexte pour discriminer les religions (notamment le judaïsme ou l'islam), comme avec l'interdiction de signes distinctifs religieux dans les établissements scolaires. Est-ce fondé ?
J-L. B. : "Non bien sûr, sauf si elle est détournée de son véritable sens. Le principe de laïcité implique la liberté de conscience et la liberté religieuse. La neutralité de l’Etat, des collectivités et des agents publics est garante de l’absence de discrimination au sein de la République : tous les citoyens, quelles que soient leurs convictions ou croyances, sont égaux devant l’administration publique neutre. La loi du 15 mars 2004 qui interdit aux élèves le port de signes ou de tenues par lesquels ils manifestent ostensiblement leur appartenance religieuse s’applique à toutes les convictions religieuses. D’ailleurs les premiers contentieux français ont concerné des turbans sikhs, ce qui atteste qu’au-delà des religions juive et musulmane, c’est l’ensemble des convictions religieuses qui est concerné. Il s’agissait pour le législateur d’éviter des querelles entre élèves de confessions différentes ou de même confession mais de pratique différente et de les protéger de tout prosélytisme dans une phase d’acquisition des bases du savoir."

La Laïcité est un sujet très vaste. Sous quel angle allez-vous le traiter dans votre conférence ?
J-L. B. : "Je souhaite évoquer la laïcité dans son ensemble. Il faut rappeler sa définition, expliquer pourquoi la France a choisi ce système de relations entre les cultes et l’Etat et surtout évoquer la laïcité du quotidien. Il faut comprendre en quoi la laïcité est une chance, une liberté qui permet à tous d’exprimer ses convictions ou croyances dans le respect de l’ordre public. Revenir à la définition même de la laïcité est essentiel, cela permet de lutter contre les idées reçues et malheureusement souvent véhiculées par les médias à travers la polémique."


Qui est Jean-Louis Bianco ?

Diplômé de sciences économiques, de l'Ecole nationale supérieure des mines de Paris et de l'ÉNA, il fut secrétaire général de la Présidence de la République de 1982 à 1991 avant de devenir ministre des Affaires sociales et de l'Intégration (1991-1992), puis de l'Équipement, des Transport et du Logement (1992-1993). Maire de Digne-les-Bains de 1995 à 2001, il fut aussi député des Alpes-de-Haute-Provence (1997-2012) et président du conseil général des Alpes-de-Haute-Provence, de 1998 à 2012. Il exerça ensuite diverses missions ministérielles avant de devenir, en 2013, le Président de l'Observatoire de la Laïcité.

 

Conférence sur la laïcité
par Jean-Louis Bianco, président de l'Observatoire de la laïcité
Jeudi 21 mars à 18h45 au Salon d'honneur de l'Hôtel de Ville

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